Une récente étude met en lumière les effets de l’huile de chanvre sur les plaies et leur cicatrisation, qui pourraient se montrer supérieurs à ceux des antibiotiques classiques. Cette découverte qui intervient après de nombreuses autres faites autour du cannabis, témoignent de l’intérêt toujours croissant des scientifiques pour cette plante unique en son genre et son immense potentiel thérapeutique lorsqu’elle est utilisée à bon escient.
Les vertus du cannabis paraissent décidément illimitées et en particulier pour ce qui concerne sa version thérapeutique et industrielle, habituellement désignée sous le nom de « chanvre », dont sont notamment issus les produits à base de cannabidiol. Épilepsie, douleurs, somnolence, alcoolisme, rhumatismes, stress, affections cutanées, la liste des études menées sur les maux que peut traiter le cannabis avec plus ou moins d’efficacité est déjà bien trop longue pour être reportée ici de manière exhaustive. Toutes les semaines, de nouvelles recherches viennent s’ajouter à ce que l’on pourrait qualifier d’« inventaire à la Prévert » tant son contenu est hétéroclite. Ainsi la dernière étude en date qui nous vient cette fois-ci d’Extrême-Orient nous révèle-t-elle l’efficacité du chanvre dans le domaine de la cicatrisation des plaies. L’huile de graines de chanvre paraît en effet susceptible d’accélérer la régénération des cellules lors du processus de cicatrisation, se montrant même dans certaines circonstances plus efficace que les médicaments traditionnels et notamment les antibiotiques.
C’est en tout cas ce que suggèrent les résultats d’une étude indonésienne récemment publiés sur la version web du magazine scientifique Narra J et menée par une équipe de chercheurs de l’Université Syiah Kuala sise à Banda Aceh, sur l’île de Sumatra. Le but de cette nouvelle étude était selon la formule de ses auteurs, « d’explorer l’effet de l’huile de graines de chanvre sur l’accélération de la cicatrisation des plaies, en se concentrant sur la réduction de la taille des plaies, l’épithélialisation, la formation de tissus de granulation et la vascularisation dans des modèles murins ». Les scientifiques précisent que de précédentes études avaient déjà été faites sur le sujet, mais en examinant systématiquement des combinaisons d’huiles essentielles et jamais avec la seule huile de graines de chanvre. L’équipe indonésienne a voulu ainsi « réduire le risque d’interactions tout en préservant les avantages thérapeutiques ». Le terme de « modèles murins » indique quant à lui le fait que la recherche a été faite sur des souris, avec des résultats qui ne peuvent donc être qu’indicatifs par rapport à une expérience menée sur des volontaires humains.
L’huile de graines de chanvre, un palliatif efficace aux pommades antibiotiques dans le cadre de la cicatrisation des plaies.
Dans le cadre de leurs investigations, les chercheurs ont utilisé un panel de 36 souris mâles portants des plaies à différents endroits étudiées in vivo, et divisé en en trois groupes distincts. Le premier (groupe négatif ou NC) ne recevait aucun traitement, le second (groupe positif ou PC) était traité deux fois par jour avec une pommade antibiotique au chloramphénicol et le troisième groupe (groupe de traitement ou TG) avec de l’huile de graines de chanvre 400 000 mg/ml également deux fois au cours de la journée. Une évaluation des cicatrisations a ensuite été faite à différentes périodes, tant « macroscopique avec observation visuelle, taille de la plaie et taux de cicatrisation de la plaie, que microscopique avec épithélialisation, formation de tissu de granulation et vascularisation ». Ces évaluations ont révélé que « le groupe TG présentait des plaies de plus petite taille au jour 14 ainsi qu’une amélioration du taux de cicatrisation par rapport aux deux autres groupes. De plus, le groupe TG a montré une formation de nouveaux vaisseaux sanguins significativement plus importante au jour 21 ».
Les différents tests menés sur les souris ont conduit l’équipe scientifique à conclure que « l’huile de graines de chanvre démontrait un potentiel significatif dans l’accélération des processus de cicatrisation des plaies, suggérant un effet supérieur par rapport à la pommade au chloramphénicol. Par conséquent, l’huile de graines de chanvre peut servir d’adjuvant naturel et rentable prometteur pour la gestion des plaies ». Les auteurs précisent toutefois que si « le traitement à l’huile de graines de chanvre a considérablement accéléré la formation de tissu de granulation pendant la cicatrisation des plaies, en particulier le 14e jour où il a surpassé le chloramphénicol, son effet au jour 21 était en revanche comparable à celui de la pommade antibiotique ». Ceci, même si le cannabis conservait là encore un avantage certain puisque « le tissu de granulation dans le traitement à l’huile de graines de chanvre présentait la structure la plus avancée et la mieux organisée, indiquant une guérison accélérée et plus efficace par rapport au chloramphénicol et aux groupes témoins. »
L’efficacité du chanvre à l’issue de l’expérience s’est également montrée supérieure dans le domaine la vascularisation, cette dernière jouant un rôle capital dans la cicatrisation des plaies en formant de nouveaux vaisseaux sanguins et évitant ainsi « les risques d’ischémie et les pertes de tissu ». Pour expliquer l’efficacité de l’huile de chanvre, les chercheurs indonésiens ont suggéré « l’action combinée de plusieurs composés bioactifs, ayant chacun la capacité d’accélérer les étapes de la cicatrisation des plaies ». Parmi ces principes efficients, les auteurs citent les acides gras polyinsaturés comme les oméga 3 et 6 connus pour leurs vertus antiinflammatoires, mais aussi les terpénoïdes et flavonoïdes contenus dans l’huile de cannabis. Ces composants sont notamment réputés pour leurs propriétés antioxydantes qui favorisent la réparation des tissus en combattant le stress oxydatif. « Les actions combinées de ces composés suggèrent que l’huile de graines de chanvre peut améliorer la cicatrisation des plaies par de multiples voies en s’attaquant efficacement aux stades inflammatoires et prolifératifs », ont conclu les scientifiques.













