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Du cannabis contre la sénilité

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Une très récente étude britannique suggère que le cannabis pourrait améliorer les fonctions cognitives des consommateurs les plus âgés et ralentir significativement le vieillissement du cerveau. Ceci, alors que de plus en plus de seniors consomment du cannabis, qu’il soit ou non thérapeutique à travers ses différentes molécules, pour traiter une grande variété d’affections physiques et mentales.

Alors que le cannabis tend à se démocratiser toujours plus, les études scientifiques se multiplient parallèlement et se voient même souvent encouragées et financées par des instances gouvernementales. Cette expansion de la recherche sur le cannabis permet d’en découvrir régulièrement des vertus parfois inattendues, comme vient de le faire une équipe internationale de scientifiques au Royaume-Uni. L’objectif de cette nouvelle étude britannique était de mieux comprendre l’impact du cannabis sur le vieillissement du cerveau et le déclin cognitif chez les consommateurs du troisième âge qui sont de plus en plus nombreux dans les États ayant légalisé. De façon assez surprenante, les résultats ont montré des performances supérieures et des capacités cérébrales améliorées chez les seniors utilisant du cannabis, par rapport aux non-consommateurs. Plus précisément, les personnes qui en font usage « présentent des caractéristiques de réseau cérébral généralement associées aux cerveaux plus jeunes (…) mettant en évidence un rôle modulateur potentiel des cannabinoïdes et des endocannabinoïdes dans les processus neurodégénératifs ».

Une découverte importante pour les auteurs de l’étude qui rappellent que les personnes âgées « représentent le groupe démographique de consommateurs de cannabis qui connaît la croissance la plus rapide ». Ainsi la consommation de cannabis de cette catégorie a-t-elle très fortement augmenté au cours des dix dernières années dans les pays où il est autorisé, atteignant jusqu’à 12 % de consommateurs chez les 45/64 ans et 6 % pour les seniors âgés de 65 ans et plus. Les scientifiques précisent encore que « les effets du cannabis chez les personnes âgées peuvent différer considérablement de ceux observés chez les populations plus jeunes. Ces changements liés à l’âge peuvent moduler à la fois la pharmacodynamique et les résultats fonctionnels de la consommation de cannabis. Par conséquent, il est urgent d’effectuer des recherches rigoureuses et systématiques pour évaluer l’impact de la consommation de cannabis plus tard dans la vie, en particulier en ce qui concerne ses effets sur les domaines clés du vieillissement normatif. »

Le cannabis pourrait contribuer à ralentir le déclin cognitif et le vieillissement du cerveau chez les personnes âgées.

Dans le détail, l’étude anglaise s’est appuyée sur une très vaste expérimentation concernant le cerveau baptisée UKB (UK Biobank) et débutée en 2006. L’UKB a étudié plus de 500 000 volontaires à travers toute la Grande-Bretagne, ce qui a d’abord permis de réunir un très grand nombre de données cérébrales en explorant tous les domaines, sociaux, médicaux et environnementaux. En 2014, un panel sélectionné parmi le demi-million de volontaires a accepté de se prêter à une première opération d’imagerie cérébrale englobant la totalité du cerveau, puis en 2019, une partie du panel a débuté une nouvelle série d’imagerie sur une période plus importante, afin de mesurer l’évolution de certaines zones cérébrales. Les données de ce panel composé de 37 929 volontaires ont été utilisées par les scientifiques pour la présente étude, qui y a également ajouté des informations plus récentes recueillies grâce au concours de 25 000 nouveaux participants. L’objectif était cette fois-ci bien plus ciblé, puisqu’il s’agissait « d’élucider l’impact de la consommation de cannabis sur le vieillissement cognitif en santé chez les personnes âgées ».

Outre l’imagerie cérébrale, les chercheurs ont également soumis les volontaires à une série de questions concernant leur âge, leur sexe, leur mode et leur fréquence de consommation, le type de produits utilisés, etc. Lorsque toutes les données ont été recueillies et analysées, les scientifiques ont soumis les volontaires à une série de tests cognitifs, avec un panel de consommateurs réguliers ou occasionnels de cannabis et un second panel comprenant des personnes n’en ayant jamais utilisé. Ils ont ainsi pu constater que « la consommation de cannabis avait des effets positifs sur la plupart des fonctions cognitives par rapport au vieillissement normal. Plus précisément, les consommateurs de cannabis ont obtenu de meilleurs résultats dans diverses tâches cognitives, notamment « la réorganisation des tours, la complétion de motifs matriciels, l’apprentissage associé apparié, la mémoire numérique, l’intelligence fluide et le vocabulaire imagé. De plus, ces effets, c’est-à-dire où les consommateurs de cannabis surpassent les non-consommateurs, étaient évidents dans différents groupes d’âge (45 à 55 ans, 56 à 65 ans et 66 ans et +) ».

Dans leurs conclusions, publiées dans la revue scientifique en ligne Researchsquare, les auteurs de l’étude suggèrent que «  la consommation de cannabis pourrait être associée à une décélération des processus de vieillissement neuronal et à la préservation de la fonction cognitive chez les personnes âgées en améliorant la communication entre différentes parties du cerveau (…). Les effets observés impliquent que les cannabinoïdes peuvent exercer des influences neuroprotectrices dans les populations vieillissantes, potentiellement par le biais de leurs rôles régulateurs dans le maintien ou l’amélioration de la ségrégation et de l’intégration fonctionnelles du cerveau ». Les chercheurs signalent toutefois plusieurs limitations à leur travail et citent notamment de précédentes études sur les effets délétères du cannabis qui décrivent des « altérations cérébrales structurelles liées à la consommation de cannabis chez les populations vieillissantes ». Précisons pour finir que cette étude et ses conclusions n’avaient pas encore été validées par les pairs à ce jour.

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